Comment éviter de se faire attaquer pour ses écrits sur la Toile ?

Le 30 juin dernier, une bloggeuse a été condamnée en référé pour avoir publié une critique négative sur un restaurant d’une certaine ville. Je vous laisse découvrir l’affaire en détails mais je tenais à apporter quelques éclaircissements sur ce dossier.   Pour résumé, les propos de l’article ne sont pas condamnables car ils témoignent d’une expérience (en l’occurrence mauvaise) vécue. A l’inverse le tire de l’article, optimisé pour attirer le lecteur, a été considéré comme un acte de dénigrement puisqu’il invitait les touristes et habitants de la ville à ne pas se rendre dans cet établissement.

Des propos exacts en tous les cas ?

Cela pose deux questions à mon sens à savoir :

–          L’exactitude des données publiées

–          La promotion considérée comme de la désinformation

Sur le premier point, il est clair qu’un rédacteur web se doit de respecter les règles SEO, les usages de la grammaire mais aussi  apporter une information fiable à ses lecteurs. « Situé à proximité des plages » est un doux euphémisme pour un établissement à plus de 2 kilomètres de la mer, mais peut être considéré comme faisant partie du jeu. Désormais, les lecteurs connaissent ces subtilités et les rédacteurs essaient de les bannir de leurs textes. A l’inverse « Offrant un accès direct à la plage de HHH » serait pour le même établissement un pur mensonge. Le rédacteur peut-il et doit-il respecter toutes les consignes de ses clients ? Car certains clients l’exigent encore. Pourtant, nous savons tous qu’une telle affirmation mensongère va créer des situations de trouble et donc engendre des procédures par la suite, ce qui au final va détériore l’image du site.

Les informations doivent donc être claires, exactes et vérifiables. C’est une constance, qu’il faut se fixer, lorsque l’on se lance dans la rédaction web. Optimisée SEO ne signifie alors aucunement de se défaire des autres obligations morales notamment.

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Le dénigrement ou la délation à la limite de la promotion ?

La question peut sembler plus spécifique et pourtant. Lorsque vous présentez vos produits (prenons un exemple, vous êtes vendeurs de poêles à bois), vous allez les comparer à d’autres produits proposés par vos concurrents.

Vous rédigez alors des contenus vantant vos produits par rapport aux autres. Les informations sont fiables, vérifiées et garanties.  Vous allez forcer le trait (mais ne vous inquiétez pas vos concurrents font la même chose).  Vous réussirez à trouver des arguments permettant de mettre en avant votre produit. Le bois plus écologique que l’électricité, mais aussi plus économique. Fort de vos arguments, vous rédigez un article de synthèse expliquant et détaillant vos atouts et évoquant les inconvénients des produits concurrents, puis l’heure du titre arrive et vous vous souvenez avoir lu qu’un titre choc provoque, questionne…

« L’électricité, une énergie néfaste et nocive, un triste constat enfin prouvé » vous saute alors en mémoire. Certes, le lecteur aura envie de connaître l’argumentation conduisant à une telle sentence. Mais vous n’êtes pas loin du dénigrement. Car les fabricants de convecteurs auront eux-aussi des arguments à faire valoir pour démontrer que cette énergie peut être écologique (éolienne vs nucléaire), propre (eau plutôt que charbon), économique (HC/HP,…).

Ce que je tenais à vous préciser ici, c’est donc bien que vous ne devez pas en un titre (mais aussi dans les sous-titres ou les méta descriptions) faire transparaitre votre opinion ou votre conviction mais bien rester dans le factuel. « Comment le bois peut améliorer votre confort au quotidien ? ». Ecrire pour le web est aussi une question de bon sens.

Pour clore ce chapitre, la bloggeuse en question a été condamnée car son titre invitait ses lecteurs à ne pas se rendre dans le pire établissement de la ville en le nommant. Elle aurait gagné en efficacité en titrant son coup de gueule « Une expérience amère à XXXX » ou toute autre sentence informant le visiteur, qu’il s’agit bien d’un coup de gueule mais sans pour autant jeter le discrédit sur l’établissement. Ne vous inquiétez pas outre mesure, néanmoins, les procès de ce genre ne risquent pas de se multiplier, car je vois mal EDF poursuivre le fabricant local de ces poêles à bois…

Et pour vous, où s’arrête la promotion et ou commence le dénigrement ?