L'écriture manuscrite, une gymnastique intellectuelle essentielle pour le rédacteur web

Rééducatrice en écriture, une profession pour retrouver l’amour des Belles Lettres !

 

C’est un article de journal, qui est à l’origine de notre billet de ce jour. « Savoir bien écrire, c’est une des clés de la réussite » . C’est sous ce titre, que le Républicain Lorrain du jeudi 08 février 2018, décrivait la profession d’Anne Pinter : rééducatrice en écriture. Rééducatrice en écriture, une profession, dont nous ignorions jusqu’alors l’existence, et qui a suscité immédiatement d’innombrables questions. A l’heure des réseaux sociaux et de l’avènement de l’écriture digitale, nous avons rapidement décidé de contacter, à notre tour, Anne Pinter, qui a eu la gentillesse de nous répondre.Pour ne pas réécrire ce qui a déjà été fort bien dit dans les colonnes du journal mosellan, nous vous reproduisons ci-dessous, l’article concerné et vous livrons donc une partie de l’échange passionnant, que nous avons pu mener avec Mme Pinter.

Rééducatrice en écriture, quand le rédacteur web découvre une profession passionnante
Rééducatrice en écriture, quand le rédacteur web découvre une profession passionnante

Bonjour Madame Pinter, et merci de nous consacrer quelques minutes de votre temps. Alors rééducatrice en écriture, de quoi parle-t-on vraiment ?

Bonjour Eric. C’est vrai que c’est un métier méconnu, et que moi-même, je l’ai découvert, un peu par hasard. Je suis professeure des écoles depuis 25 ans, alors je me sens concernée par le sujet. Et pourtant, je n’avais aucune solution à proposer alors que mes élèves de CE2 écrivaient de plus en plus mal. Avec ce métier de rééducateur en écriture, la donne a changé et je peux désormais leur proposer une solution efficace et adaptée, et cette solution convient aussi parfaitement aux adultes.

Alors en quoi cela consiste-t-il vraiment ? N’est-ce pas l’apprentissage ou le réapprentissage d’une écriture standardisée ?

Pas du tout, bien au contraire. Il va s’agir d’apprendre avec les codes officiels de l’écriture (la forme des lettres par exemple), réapprendre la bonne tenue du stylo, la position de la feuille, la mobilité des doigts, … Avec la rééducation, on ne va pas vers une écriture standardisée. On se base sur des gestes, une position de la main, mais chacun l’adapte à sa façon. C’est exactement comme à l’école. En théorie, on découvre les outils à l’école maternelle, puis on apprend les règles de formation de l’écriture en école primaire. Au collège, chacun s’approprie cet apprentissage et l’écriture devient alors personnelle. C’est exactement la même chose avec les adultes.

Nous comprenons l’importance pour les élèves. Mais pourquoi les adultes vous contactent-ils ?

Il n’y a pas une raison unique mais autant d’explications que de personnes qui me contactent. Chaque demande est particulière. On peut ne pas aimer son écriture ou avoir une écriture illisible, mais on peut aussi avoir mal en écrivant. Dans tous les cas, c’est une souffrance. J’ai rencontré un homme d’environ 70 ans , qui m’avouait  : « J’étais fort à l’école, mais je n’ai jamais été premier parce que j’écrivais trop mal ».  Lorsqu’il m’a avoué cela, je lisais encore la souffrance dans ses yeux. Cela illustre parfaitement l’importance, que nous pouvons prêter à l’écriture. Notre rapport à l’écriture est primordial et pourtant nous le perdons au fur et à mesure. Imaginez l’état de souffrance d’un gamin qui écrit mal et lentement, qui a mal au poignet, et pire, qui n’arrive pas à se relire…Quels que soient ses efforts, tout cela accentue l’idée que l’école n’est pas faite pour lui.

Comment expliquez-vous l’émergence de ce nouveau métier qu’est rééducatrice  en écriture ?

Peut-être prend-on enfin conscience de l’importance de l’écriture. Qu’il s’agisse des problèmes d’illisibilité, de lenteur ou de douleur, l’écriture peut devenir un handicap au quotidien. En tant qu’enseignante, je n’ai jamais eu de formation sur l’écriture. La formation, quand elle existe, est sommaire. Aujourd’hui, notre profession manque de visibilité, mais nous ne sommes pas nombreux en France.

Comment se passe la rééducation en elle-même. Les résultats sont-ils visibles rapidement ?

 

C’est une approche globale, et on reprend toutes les bases. Comme je l’ai expliqué, il ne s’agit pas que tout le monde écrive de la même manière, mais bien que chacun s’approprie ces règles officielles puis les adapte à sa propre situation. Tout commence donc par un temps d’écoute puis d’observation (de la personne en train d’écrire). Ensuite commence le réapprentissage ou la rééducation, comme vous voulez, et cela se fait avec un simple crayon de papier.  C’est comme pour un instrument de musique, si les efforts sont réguliers, les progrès sont visibles et incontestables. Attention même quand on connait ces bases, on peut encore écrire mal si on n’y prête pas attention. A l’inverse, quand on veut s’appliquer on sait comment faire …et cela change tout.

Merci Anne pour cet échange et à très bientôt.

Merci Eric.

 

Ce fut bien un échange passionnant pour nous, d’autant plus que nous avons pu aborder d’autres thématiques, qui feront peut-être l’objet d’un autre billet. Et que dire de la menace du digital, qui tend à faire reculer l’écriture manuscrite ? Ou encore de la capacité de  l’écriture manuscrite à favoriser la mémorisation de ce que l’on écrit.  Ou encore, la différence pouvant exister entre l’écriture au stylo bille et au stylo plume, et à celle pouvant aussi se percevoir entre les innombrables modèles de plumes disponibles sur le marché.

Mme Pinter Anne

ReAnn Ecriture

https://www.reannecriture.com/

 

Le rédacteur web, un habitué de l'écriture manuscrite ?
Le rédacteur web, un habitué de l’écriture manuscrite ?

Nul doute donc, qu’Eric Rédaction reprendra des nouvelles d’Anne Pinter, ne serait-ce pour la rencontrer en direct lors d’une prochaine visite de cette si belle région Lorraine, à moins que ce ne soit pour réapprendre à écrire, une ambition louable pour un rédacteur web … 🙂

Et vous, connaissiez-vous ce métier de rééducatrice en écriture ? Tentés par l’expérience de ce réapprentissage ? 


2 Comments

  • Anne PINTER

    juin 5, 2018

    Joli article, qui retrace bien notre conversation… L’écriture doit être fluide, lisible et sans douleur; si ce n’est pas le cas, regardez la carte du réseau 5E qui m’a formée: il y sûrement une rééducatrice de l’écriture près de chez vous!
    Au plaisir de vous croiser, Eric…

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    • eric-redaction

      juin 8, 2018

      Bonsoir,

      Ce sera un plaisir partagé alors bonne soirée et à bientôt

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